LE RÉVEILLE-MATIN

  • LE RÉVEILLE-MATIN

1970

Le Front de libération du Québec (FLQ) fait exploser des bombes et commet des enlèvements politiques. Le 5 octobre, James Richard Cross, attaché commercial britannique à Montréal, est kidnappé. Le 10 octobre c’est au tour de Pierre Laporte, ministre québécois du Travail et de la Main- d’œuvre. La Loi des mesures de guerre est proclamée. C’est la Crise d’octobre.

L’armée est déployée dans les rues. Nombre d’innocents sont arrêtés et emprisonnés.Tout le monde est sur les dents. Le 18 octobre, le débardeur Larochelle arrive au Hangar 16 pour décharger une cargaison de réveille-matins d’un bateau japonais. Le jeune va en profiter pour ramasser des choses qui ne lui appartiennent pas.

Le voilà qui se met à piquer des cadrans. Stevie et Médée l’observent et décident de jouer un bon tour au p’tit voleur. Ils sortent les cadrans volés de sa veste pour les crinquer et faire sonner leurs alarmes aux alentours de 17h, lorsqu’ils sortiront du port.

À l’heure dite, les alarmes commencent à sonner, comme des bombes à retardement. Tout le monde fait le saut. Paniqué, Larochelle cherche frénétiquement à stopper les sonneries et vide sa veste des cadrans. Les débardeurs lui auront donné une bonne leçon. Ils récupèrent les réveille- matins << bombes à retardement >> tombés au sol. Ce sont maintenant des trésors des débardeurs.

L’HISTOIRE COMPLÈTE DU RÉVEILLE MATIN

1954

Le Front de libération du Québec (FLQ) fait exploser des bombes et commet des enlèvements politiques. Le 5 octobre, une cellule du FLQ kidnappe James Richard Cross, attaché commercial de la Grande-Bretagne à Montréal. Le 10 octobre, une autre cellule du FLQ enlève Pierre Laporte, ministre québécois du Travail et de la Main-d’œuvre. C’est la Crise d’octobre.

Est-ce le début d’une insurrection ? Le 16 octobre, le gouvernement fédéral invoque la Loi des mesures de guerre. Les libertés civiles sont suspendues ; environ 500 personnes sont arrêtées et détenues sans mandat1. L’armée est déployée un peu partout à Montréal, jusqu’au port. Le 17 octobre, Pierre Laporte est retrouvé mort dans le coffre d’une voiture. Tout le monde est sur les dents.

Le 18 octobre, le jeune Larochelle attend son tour à la salle d’embauche des débardeurs, place Jacques Cartier. La compagnie Empire Stevedores, qui décharge des bateaux japonais, l’engage. Il est envoyé au Hangar 16 prêter main-forte à l’équipe qui débarde une cargaison de réveille-matins Westclox. Fidèle à ses habitudes de piqueur invétéré, le jeune remplit rapidement sa veste de cadrans. Stevie et Médée, qui l’observent, décident de lui jouer un bon tour. À son insu, ils sortent les réveille-matins de sa veste, les crinquent et les programment afin que leurs alarmes sonnent un peu passé 17h. Puis ils remettent tout en place, ni vu, ni connu2.

À 17h, les débardeurs quittent le boulot.  Larochelle s’en va porter son butin chez un receleur2. Mais au moment où les débardeurs croisent les soldats gardant l’entrée du port, les alarmes commencent à sonner. Croyant entendre des bombes à retardement, tout le monde fait le saut. Le vide se fait instantanément autour de Larochelle. Paniqué, le voilà qui cherche frénétiquement les cadrans sur lui afin de les stopper. Mais dès qu’il en arrête un, un nouveau part2. Les soldats encerclent le présumé terroriste, lui-même terrorisé.  Stevie et Médée se tapent les cuisses. Débarrassé de ses sonnettes, Larochelle est finalement autorisé à circuler. Et nos débardeurs récupèrent les « réveille-matins bombes » tombés au sol. Ce sont maintenant des trésors des débardeurs.

Titre

LogoBasPageHistoireSources

1- Gélinas Xavier,LACRISE D’OCTOBRE : UN ASPECT VÉCU, Musée canadien de l’histoire, 5 octobre 2017

2- Thomin Jean-Paul, J.L.B. débardeur, LES RÉVEILLE-MATINS, C’est arrivé au bord de l’eau, Atelier d’histoire des débardeurs du port de Montréal, 2018, p. 98

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