LE TRÈFLE DE WILLIAM

1914

Le lundi 28 mai 1914, William Clark embarque à bord de l’Empress of Ireland, qui quitte le port de Québec à 16 h 27. Cet Irlandais de 44 ans occupe le pénible poste de chauffeur de chaudières. Son travail consiste à pelleter le charbon dans l’immense fournaise. Pour produire assez de vapeur entre Québec et Liverpool, l’Empress nécessite 2 600 tonnes de charbon, soit un quart de tonne par minute. William connaît bien ce dur labeur, puisqu’il occupait ce même poste sur le Titanic, le 15 avril 1912.
À 2 h 09, au beau milieu de la brume, un bruit assourdissant retentit, accompagné d’une forte secousse. William reconnaît ce son : le navire est entré en collision avec quelque chose. Les lumières s’éteignent, les cris se font entendre et le navire commence à s’incliner. William ne perd pas un instant et se dirige vers la chaloupe qui lui est assignée. Il arrive à décrocher l’embarcation, mais au moment de monter à bord, il est projeté dans le fleuve Saint-Laurent. Les fournaises de l’Empress viennent d’exploser. Le paquebot coule en seulement 14 minutes, contrairement au Titanic, qui avait mis près de 3 heures à couler. Arrivé miraculeusement sur les berges de Pointe-au-Père, William touche son trèfle porte-bonheur. Il constate que c’est un charbonnier norvégien, le Storstad, qui a provoqué la collision.
Sur 1 477 passagers, on compte 1 012 morts et 465 survivants. Le 10 juin 1914, le chanceux William déclare au Northern Daily Mail: « Même maintenant, j’ai du mal à croire que je suis le seul homme au monde à avoir navigué sur ces deux paquebots au destin tragique, et à avoir survécu aux deux plus grandes catastrophes maritimes des temps modernes. S’il y a de la chance en mer, c’est sûrement moi qui l’ai toute eue… »

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